CINQ ANNEES AVEC LE GEP
Si je regarde ces années passée au GEP, en tant que participante ou en tant qu’animatrice, je me dis globalement que j’ai eu la chance de vivre ça : c’est-à-dire une expérience humaine enrichissante.
J’y ai rencontré beaucoup de monde et noué des contacts et des amitiés de qualité, que ce soit chez les participants, chez les autres animateurs, ou chez les formateurs. Quand je pense GEP, c’est toute une ronde de prénoms qui me vient, avec des visages d’hommes et de femmes liés à des moments de communication authentique dans le partage ou le témoignage.
C’était des repas ici ou là, souvent hétéroclites, où chacun partageait ce que chacun apportait ; avec un bout de ci ou un morceau de ça, une bonne gorgée de quelque chose, le tout mis sur la table et offert.
C’était des entretiens, chez celui-ci ou celui-là, ce bel outil de connaissance de soi et de l’autre.
C’était des journées de formation à Lyon, les animateurs y retrouvaient leurs formateurs. Au travers des comptes-rendus de chacun, les animations étaient examinées. Chaque animateur avait ainsi l’opportunité d’un regard sur son animation et l’occasion d’être confronté à ses comportements, et donc de se connaître un peu mieux..
Et pour cela, des allées et des venues, du train, du métro, du covoiturage et du papotage…
C’était aussi des contraintes : contraintes horaires avec une gestion du temps rigoureuse, contraintes de salles, d’exercices à bien maîtriser pour bien les proposer. Contraintes de matériel à prévoir, transporter, faire fonctionner, ranger.
C’était essentiellement un espace de parole privilégié, où j’ai pu me dire sans jamais me sentir jugée, en toute bienveillance, acceptée avec mon histoire et mes difficultés, validée, où mes participants ont pu à leur tour se dire dans la bienveillance, être acceptés avec leur histoire et leurs difficultés, validés.
C’était des heures et des heures de position assise, plus ou moins confortables, mais c’était aussi de la créativité avec de la danse, des dessins, des sketches, des massages, avec de la douceur, de l’attention à soi et à l’autre, des rires et parfois des pleurs, bien des moments proches de la vie en somme.
Et j’allais presque oublier : ce qui permet que tout cela : formation, rencontres, animations, prises de paroles se fasse dans la confiance … - c’est l’importance du cadre, gardien et garant d’un déroulement sans dérive ou manipulation quelconques.
La vie a tourné pour moi et je m’en vais, je quitte le GEP aujourd’hui, nourrie et remplie, portée vers la vie … avec beaucoup de gratitude.
Catherine ROLLAND